Troisième entrevue.

 

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À découvert, je risque de me faire bombarder.

Selon ma compréhension, à travers les siècles et les siècles, Amen! les CHARMEURS DE SERPENT ont fait croire que le but des guerres de toutes sortes : territoriales, religieuses, sociales, subtiles etc, était de déterminer un territoire dont le peuple, en se serrant les coude également à tous les niveaux de compétences, en développerait l’AUTONOMIE des ressources puisées de lui-même et de la Terre qui l’a fait naître. Ce qui lui permettrait de subsister physiquement honorablement et de s’épanouir religieusement et socialement, ce qui sous-entend la paix avec soi-même, avec son voisin immédiat et avec celui de toutes les nations du Globe.

Been, on dirait que le bateau du message du sermon de Jésus sur la montagne :

« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtement de brebis, mais au devant ce sont des loups ravisseurs », a coulé.

D’où vient la torpille?

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Rien de mieux que la décoration et les recettes pour se relaxer d’un travail long et délicat.
Donc, pour se distraire, ma Bad et ma Good s’installent devant la télé.

Soudain, Bad,  par un mot grossier genre: mes bottes crissent sur le sol gelé, dit: 
- …… nous ne pourrons pas voir la couleur rose-mauve appliquée sur les murs du coin caché de fille d’Anouk Meunier! Plus de service télé! L’écran affiche que le récepteur n’arrive pas à capter les ondes.
Good devient elle aussi mauvaise;
- Non, pas encore! Après la coupole d’Explornet, celle de Shaw direct? Il faut être réaliste, la Nature prend, mais, dans ce cas-là, elle ne redonnera pas, dit-elle en examinant par la fenêtre l’épaisseur de neige qui obstrue toute réception de l’oeil magique.
- Il faut faire quelque chose? Téléphonons à Michel?
- Non, voyons, Bad, il faut essayer de se débrouiller. Cette coupole-là n’est pas sur la maison ni sur le hangar, elle est facilement atteignable.
- T’as vu à quelle hauteur de butte de neige nous avons à nous buter?
- Tu as raison. Cependant, risquons-nous quand même sur nos skis.
- Sur nos skis! Nous allons rester paralysées jusqu’au-dessus des genoux. Ce ne sont pas des raquettes! Nous ne pourrons pas nous en sortir seules.
- Qui ne risque rien n’a rien. Advienne que pourra!
- Si nous nous fracturons un membre? Tu sais, ça ne serait pas la première fois! Et qui viendrait à notre secours?
- Pourquoi es-tu si négative? rouspète Good. Tire-toi du canapé et habillons-nous?
Elle traîne la patte. Sur les skis, elles doivent être vigilantes. De la neige à mi-jambe, elles atteignent la coupable-coupole et la déneigent avec la baguette.
De retour dans la maison, ô! quel bonheur, Canal vie a repris vie.
D’un autre côté, ô! malheur, le modem n’affiche que trois lumières de la couleur du manteau de Graziella. Pas de service internet! Oh, la, la, Bad se permet de descendre quelques saints du ciel.
Good prend tout son petit change pour la raisonner, comme le disait notre grand-père.
- Il faut agir, décide-t-elle.
Vêtues à nouveau chaudement, dans le hangar, les deux entités donnent trois petits coups d’une longue baguette sur le plafond à l’endroit où est fixée la barre. Elles reviennent à l’intérieur dans l’intention de chausser les bottes de skis. En jetant un coup d’oeil au modem, miracle, les 5 lumières brillent. Elles se félicitent et commencent à écrire leur nouvelle tranche de vie.
À mi-texte, plus de signal.
Bon, allons-y, dit Good à Bad, les trois p’tits coups sur le plafond, comme dans la chanson, n’ont pas vraiment produit le résultat escompté. Chaussons nos bottes.
YOUPPI, c’est fait! Plein signal. Dommage, personne pour filmer le show!

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Claire Chainey et Klaude Poulin.

Merci à Claire Chainey et à Klaude Poulin.

Chez les Tremblay, dans la cuisine, huit des dix enfants sont assis devant leur assiette attitrée autour de la table. En attendant d’être servis par la maman et les deux aînées, ils font silence parce que papa, assis dans la pose d’un roi tout au bout du long panneau garni d’une nappe de plastique carrelée, répétera son discours journalier. En arrière plan, à la radio, la Bolduc se désâme à vanter ses beaux choux, ses navets, ses tomates, des rouges des vartes.

Voilà que pôpa se décide :

— Ti-Noir, ta mère m’a dit que tu avais étrivé Jacinthe, la fille à To-Dore. Comme c’est la seconde fois cette semaine pis que tu sais que c’est pas respectueux, tu seras privé de dessert.

Ti-Gus, y paraît que t’as pas tranché franchement le cou du poulet que ta mère a fait cuire et qu’on va manger pour souper,  parce que la hache était pas éguisée comme je te l’ai montré pis qu’il a peut-être souffert? Pour que tu t’en rappelles, tu te confesseras d’avoir martyrisé une bête. Attends-toi de te rappeler de la pénitence pour le reste de tes jours.

—Ti-Jules, y paraît que t’a pris mon fusil sans permission et que t’a tiré n’importe où dans le sous-bois. Sais-tu que tu aurais pu tuer un pauvre ramasseur de bleuets ou chasseur de perdrix? T’aurais pu finir tes jours en prison pis c’est pas moi qui t’en aurait sorti parce que, une vie enlevée gratuitement au bon Dieu, ç’a pas de prix, c’est impayable. Pis les remords, qu’est-ce que t’en fais?

—Fifille, y paraît que tes devoirs étaient à moitié faits? À seize ans, quand on veut se faire instruire, on joue pas avec l’argent de ses parents, c’est pour réussir. Si tu veux pas que j’te marie avec « Ti-Pieds-bots », vois à ton affaire pis montre-nous, à ta mère pis moi, un bulletin à 100% dans toutes les matières à la fin du mois. Laisse-toi pas distraire par les choses modernes qui tournent la tête des jeunes filles, le rouge à lèvres, le snack-bar  le billard, où toutes sortes de péchés se commettent.

—Fillou, y paraît qu’on t’a surprise en train de fumer mes cigarettes que j’roule chaque soir pis que t’a volé dans la boîte de métal! Une fille bien ne fume pas, c’est inconvenant pis mauvais pour son système. Pour ta punition, samedi, tu brosseras le plancher de bois de la cuisine à l’eau pis au caustique. Tu t’en souviendras. Pis tu t’en confesseras avant d’aller communier dimanche à grand-messe.

—Ti-Jean, y paraît que t’a mis ton costume du dimanche pour aller livrer le lait. Qu’est-ce qui t’a pris? Tu sais pas démêler le linge de travail avec celui de circonstance? Pour ta pénitence, t’auras pas de liqueur rouge dimanche.

—Pis vous autres, s’adresse-t-il aux quatre autres de ses enfants, surveillez votre conduite. Vous avez l’exemple de ce qui vous attends si vous ne filez pas doux. Vous savez que votre père est là pour tenir les cordeaux raides.

—Pis là, Ti-Lard, ferme la boîte de la Bolduc à la radio. Votre mère est prête à servir. Quand on mange, son esprit doit être présent à ce qui se passe autour de la table et à goûter au bon manger que le bon Dieu met dans notre assiette.

116 ans plus tard : 

Chez les Tremblay, dans la cuisine, les deux enfants sont assis au comptoir. En servant les plats réchauffés au micro-ondes, la mère dit :

— Mangez, avant que ça refroidisse.

Quelques minutes plus tard :

— Si vous ne videz pas votre assiette en cinq minutes, je ferme la télé, je vous enlève votre tablette et votre cell.

Indifférents, les deux enfants continuent à pianoter sur leurs appareils tandis que, à la télévision, on annonce :

« Une jeune fille a été attaquée par trois jeunes hommes qui l’ont violée et laissée à moitié morte dans une ruelle. »

« Des djadistes ont tranché le cou d’un journaliste devant la caméra. C’est le second ce mois-ci. »

« Des attaques à main armée gratuites ont eu lieu dans un restaurant, un théâtre et un aéroport. Les victimes sont de jeunes parents, des enfants et des personnes âgées. »

« Nous constatons que nos jeunes écoliers, qui ont le loisir de choisir dans un éventail de professions, décrochent de plus en plus tôt. Nous en sommes à près de 40% de la clientèle scolaire. Nous devons mettre en force des programmes pour convaincre ces étudiants de l’importance de l’instruction. »

« Les centres de désintoxications manquent de subventions pour répondre adéquatement aux besoins des jeunes de la rue sans emploi, qui sont tombés dans l’enfer de l’alcool et de la drogue. On parle de légaliser la marijuana. »

« Les uniformes sont abolis dans les écoles. Dans le code de vie, on a dû bannir les shorts, les chandails trop serrés et courts. »

Personne dans la cuisine n’a pris attention à ces nouvelles en arrière-plan.

La mère intervient à nouveau :

— Qu’est-ce que j’ai dit? Levez le nez de sur la tablette et mangez! Votre plat préparé va être froid! Vous allez vous mériter une conséquence.

— Tu nous dis toujours la même chose. Papa nous laisse faire, lui. C’est bien plus l’fun chez lui.

— Ah oui, votre père, il me laisse toute la tache. Il n’a que le beau rôle. Si mon arrière-arrière-grand-père était là, vous fileriez doux!

 

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« On a beau s’afficher en voulant être soi-même, dans un gala, il y a un certain protocole décent qui prône le respect et la retenue. Sans commentaires au pluriel. »

Voilà ce que j’ai écrit sur Facebook dimanche dernier. Je le pense encore. Les réseaux sociaux ont surchauffé en étant pour ou contre. Je respecte toutes les opinions, qu’elles rejoignent les miennes ou non. Là n’est pas mon propos aujourd’hui.

Pour ma part, j’ai vu en cette jeune artiste montante, un modèle de société, de la société de demain. Elle appartient maintenant au public, qu’elle le veuille ou non. Elle est l’un des exemples qui façonnent le peuple que nous sommes et en devenir. Nos jeunes, à qui on essaie d’inculquer un français décent et qui entendent à la télévision de la bouche d’une artiste qu’on applaudit un langage roturier sous prétexte qu’elle est elle-même, ont de la matière à s’opposer à leurs parents et à leurs enseignants. Par chance, les Deux frères ont su attirer l’attention tout autrement.

Être soi-même est un bien grand mot. Son interprétation a 7 milliards de définitions : une part de l’héritage de la naissance et l’autre venant des valeurs et des contraintes du peuple parmi lequel on grandit.

« Notre liberté finit là où commence celle de l’autre ». Comme il y a des lumières de circulation qui doivent être respectées par même les chauffards que cela irrite, il y a des règles de vie en société qui se sont écrites au fil des époques et qui ont leur place elles aussi. Dans mon jeune temps, on ne se présentait pas habillé comme la chienne à Jacques à la messe le dimanche, à l’école ou à la distribution des prix. Et c’était se respecter et respecter les autres que d’avoir pris la peine d’être présentable pour la circonstance sans pour autant avoir dépensé une fortune. Cela était une question de DIGNITÉ et faisait partie des règles. Et j’étais moi-même!

Comme enseignante, mon devoir était de montrer à mes élèves l’étiquette, la tenue, le bon langage, le respect et encore plus, plus, plus. Et je prêchais par l’exemple. Je devais être un modèle pour eux et je n’en souffrais pas. J’étais moi-même!

Le 29 septembre dernier, au Salon du livre de Saguenay-Lac-Saint-Jean, j’ai eu l’immense privilège et honneur de recevoir le Prix des lecteurs. Je n’y croyais pas. Le bonheur ressenti ne s’explique pas. Pour donner plus de force à la gratitude qui me comblait, j’ai choisi un vêtement de circonstance convenable dans ma garde-robe, sans faire une dépense folle, et mes remerciements ont été formulés conformément à la beauté de notre langue française. J’avais une chance de rendre un hommage public de fierté en paroles et en attitude à la société dont je fais partie. J’étais moi-même! Je n’avais pas besoin de sacrer en répétant aux femmes qu’elles peuvent devenir chauffeuses de truck, elles le savent déjà.  La femme du Québec est libérée depuis des décennies et j’y étais quand cela s’est passé. Donc, la jeune artiste de 24 ans qui n’a pas participé à cette lutte et qui ne sait peut-être même pas qu’elle a eu lieu, ne m’apprend rien en croyant en être la pionnière.

Le plus bel exemple d’un espoir de société qui se tient et qui ira loin est celui de Sarah-Jeanne Labrosse. Au dernier gala, où elle était lauréate elle aussi pour la première fois, elle s’est démarquée par des vêtements sans flafla, de mise, choisis dans sa garde-robe, sans dépense folle, le tout étant épicé de l’expression de ses valeurs profondes de simplicité volontaire, dans un langage soigné. Elle m’a impressionnée, vraiment! Et chaque fois que je l’entends à la télévision, je monte le son.

L’enfance de Safia est-elle une excuse? Elle a été une victime parmi des centaines d’autres et, dimanche, elle a provoqué consciemment en sachant pertinemment qu’elle allait encore se mériter des critiques négatives. Se sortira-t-elle de son vieux guêpier en adoptant une attitude de mépris et de revanche quand elle s’adresse à un groupe de la population qui ne fait pas partie de ses bourreaux, mais de celui qui reconnaît son talent et l’encourage en lui décernant une reconnaissance incommensurable?

Je respecte votre opinion, vous qui l’applaudissez, mais je ne me rougis pas les mains pour les raisons que j’ai déjà exprimées.

Safia, tu as un immense talent. Protège-le en soignant toutes ses facettes. Même tes supporters vont se fatiguer de cette « image » présente, qui fait ta marque de commerce, paraît-il! Un commerce si fragile!

 

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LA VIE EST BELLE! c’était ton mot de passe.
Quarante-quatre années d’amitié. Nous allions bientôt célébrer une relation de vermeil, le rouge de la vivacité et de l’énergie vitale, de la force et du courage, épicée d’emportements et de feu.
Notre projet de finir nos jours sur une plage en Floride, des bulles faisant exploser les 5 à 7 se réalisera autrement.
Je me souviens de nos discussions philosophiques, de nos voyages, de notre collaboration au travail, de nos sorties jusqu’aux petites heures du matin, des réceptions chez l’une et chez l’autre, de nos éclats de rire devant nos excès de magasinage, de tes encouragements à continuer dans la nouvelle voie que j’ai choisie et, encore plus.
Ma belle amie, tu as rencontré tes anges si chers. Ils t’ont accompagnée dans un monde que tu comprends à présent.
Je ne puis qu’être heureuse pour toi à travers la peine qui me fend le coeur.
Je sais que tu veilles, que tu es vivante d’une autre façon, toi qui croyais si fort en une vie parfaite, en un Dieu bon et miséricordieux. À ton tour d’être accueillie dans Ses bras chaleureux, loin de la souffrance.

Je t’aime et t’admire, GRANDE âme. xxxxxxx

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L’œil de 007

C’est bien connu, les agents secrets qui jonglent avec le fonctionnement de l’œil sont des James Bond au Goldfinger de l’opération microscopique. À une classe tout spécialement ciblée, ils promettent une vision bionique.

Au Québec, étant le deux millionièmes maillons de la chaîne, hier c’était mon tour. Au bureau d’admission de l’hôtel cinq étoiles, à l’heure dite, mon nom sort du haut-parleur. Placée en file, j’attends patiemment le moment venu de présenter les deux cartes qui m’identifient comme Baby Boom Girl. Après la signature de mon acceptation de la dite investigation dont je suis l’Objet, je longe le corridor achalandé et descends au sous-sol, là où s’éclaircira le mystère. Je prends en filature l’œil semblant dessiné au crayon plaqué sur les affiches ça et là tout le long d’un labyrinthe qui conduit à une salle d’attente. Je dépose ma fiche dans le casier, m’assois parmi les autres heureux élus et attends. Pas longtemps! Mon nom sort une seconde fois du plafond et je me présente à la chambre forte. Pendant que je suspends mon manteau et mon sac à main sur le crochet, la Bond Girl technicienne révise mon dossier et me répète comme une leçon apprise par cœur :

- Votre nom est bien…

- Oui.

- Votre date de naissance?

- ———–

Pour mettre un brin d’humanité dans un monde robotisé, j’ajoute :

- Ne trouvez-vous pas que c’est la plus belle date de l’année?

Pressée, elle ne réplique pas et saute à la question suivante :

- Vous avez un accompagnateur? Nous allons dilater votre œil.

- Non, je suis seule.

- On ne vous a pas dit de venir avec un conducteur?

- Oui, on me l’a dit.

- Vous ne pourrez pas conduire, après l’intervention.

- Vous ne me dilatez qu’un œil, pas les deux. Donc, je puis conduire. Je l’ai déjà fait.

- Vous savez que si vous avez un accident, vous êtes en tort automatiquement.

- Je sais. Je verrai après. Si besoin, j’appellerai mon fils (pas vrai, juste pour la faire taire). J’assume mes responsabilités d’habitude.

Là, ma Bad Girl s’emballe : « si tu penses que j’aurais déplacé une armée embrigadée dans le travail quotidien pour m’accompagner dans une aventure de rien du tout, tu te trompes. Tu ne me connais pas pour penser de cette manière. J’ai déjà fait une heure et demie de route pour venir ici et, penses-tu que je vais retourner chez moi avec mon ancienne vision des choses! J’y suis, j’y reste, emmerde ou pas. Va te faire voir (pas dans mon langage courant, mais, utilisé à répétition-s.. s..s..s..s dans les films français) »

Encore quelques embardées verbales de part et d’autre et elle accepte de m’appliquer la goutte, ou, je devrais dire, les gouttes qui brûlent encore plus que le bombardement de mots qui nous a opposées. Bon, voilà que mon rimmel est massacré, en pas pour rire! La Girl m’invite à retourner dans la salle d’attente ou de m’asseoir sur l’une des quatre chaises dans le corridor. J’en ai pour 20 minutes avant l’opération définitive d’enrôlement dans la famille des nouveaux gagnants d’une vue ré-allumée.

Cette fois, on me nomme de vive voix. Je talonne la nouvelle Girl collaboratrice et pénètre dans la pièce mystérieuse. L’agent de la vision enchantée, habillé de vert, couleur de l’espoir, est assis derrière une machine qui me fait penser à une pieuvre. Il ménage ses mots, ne me salue que d’un sourcil arqué et d’un sourire artificiel, un test d’intimidation. Sa Girl assistante me robote le discours enregistré dans son crâne en intervenant avec des gouttes qui gèlent, cette fois. Là, le rimmel ne tache pas seulement le tour de mon œil, il sillonne le rouge appliqué sur ma joue. En riant, je lui dis que, avoir su, j’aurais ménagé le maquillage. Deux sourires synthétiques me font comprendre que mon humour est plate. Enfin, elle me fait asseoir devant la coupable à tentacules qui capsulotomisera mes futures perceptions. Le Grand agent m’explique la marche à suivre du traitement aux rayons supersoniques et, avec un mouvement de la main, me montre les deux poignées noires verticales que je dois tenir, fixées de chaque côté de la table. Je ne sais pas pourquoi, c’est fou, mais, ces deux manettes me font penser à une table d’accouchement. Pour détendre l’atmosphère, en obéissant au commandement, je lance :

- Accouchons!

Cette fois-ci, je crois entendre un vrai rire qui vient du cœur.

La Bond Girl, avec des gestes automatiques, désinfecte la mentonnière et m’invite à y installer mon menton, un peu long. Le Chef de l’Entreprise m’ordonne de garder l’œil ouvert vers la Gauche. Et l’aventure commence. Un commando de rayons lumineux fusille ce que j’ai de plus précieux. L’entraînement est commencé et je n’ai pas le choix de rester jusqu’à la fin, j’ai signé de ma main un engagement en toutes lettres. Vingt secondes qui m’ont paru une heure et j’entends :

- Le pire est passé. Ç’a bien été.

- Oui, je crois.

Voilà que la Girl complice me dit :

- Il faut vous remettre des gouttes.

- Encore! que je m’exclame.

- Eh bien, nous vous avons blessée, il faut maintenant vous soigner.

- Ah bon, je croyais venir ici pour me sentir toute neuve, capable de discerner avec clarté ce que les années m’ont caché.

Un autre rire difficile à cerner.

Une fois de plus, le remède trace un chemin sur ma joue. À travers le brouillard, je vois la main du spécialiste tendue vers moi. En me remettant un document explicatif, et une prescription, il me décrit la marche à suivre pour une réinsertion de qualité.

Je m’écrie :

- Je dois mettre des gouttes 4 fois par jour pendant 5 jours? En plus, il me faut retourner au dépôt. J’y suis allée prendre mes bonbons-d’espoir-de-jeunesse-éternelle-du-mois, avant de venir ici pour treize heures.

En me montrant ses dents (un sourire figé), il me dit que c’est le seul moyen d’éviter l’invasion ennemie.

Qu’à cela ne tienne, je me débrouillerai. Le dépôt que je préfère est celui du petit centre d’achat. Je décroche mes choses, remercie, salue et sors en constatant :

- J’ai oublié mes lunettes.

La Girl d’expérience me répond :

- Vous les avez dans vos mains.

- Ah, je vois où est le problème, répondis-je en me touchant le cerveau de l’index. Vous m’avez lobotomisée?

Elle rit franchement.

Je détricote le chemin qui est sans contredit plus brumeux qu’à mon arrivée. Advienne que pourra, comme le dit si bien Graziella. Je me rendrai où j’ai l’intention d’aller.

À la sortie, la croqueuse de monnaie métal, papier et carte de crédit me remet $14.00 sur un $20.00 et un billet de stationnement magnétisé. À l’extérieur, la lumière entre en conflit avec mon œil bionique amoché. Dans ma voiture, je répare le mascara sur mes cils et passe la houppette sur mes joues en raison des dommages causées par la médication.

Parée pour le défi, comme aurait dit Hubert Grenier, je démarre et me rend à la barrière que je passe sans accrochage. J’ai même facilement réussi à faire lire la validité du billet dans la fente entourée de petits clignotants bleus. Avec confiance, j’emprunte le Boulevard, garde la voie de droite, arrête ou passe Ti Guidou, comme dirait Séraphin, aux lumières selon leur couleur. Pfiou! Voilà que ma voiture est stationnée en sécurité. Une course au dépôt cueillir les nouvelles gouttes-d’espoir et me revoilà dans la voiture. J’ai l’intention de traverser me reposer avant de conduire une longue distance, au Big shopping center.

Ahah, se met à rire ma Bad Girl. Toi, te re..po..ser dans un centre d’achat? Es-tu tombée sur la tête? C’est ton œil, qui a été lobotomisé, pas ton cerveau. Achat, achat, rien qu’à entendre ce mot, ta carte de crédit ronronne.

Ma Good conteste :

« Tu verras bien! »

Qui a eu raison… Ma Bad, bien sûr! Ma vision s’améliorant de boutique en boutique, de salle d’essayage en salle d’essayage, je constate que je devrais me reposer, considérant que ma grand-mère disait qu’une blessure demande du repos et qu’il ne faut pas s’échauffer les sangs. Et déjà que j’ai un léger rhume. Je me fais donc violence et, à Café dépôt, j’achète un thé vert. Pas aussitôt assise à une table isolée, je réalise que je veux passer le pont en réparation avant le trafic jam de 16 à 18 heures. Ma vision est en assez bon état même avant les quatre heures prescrites. Je le réaliserai sur la route. Je laisse donc le thé encore bouillant en quarantaine et court acheter un amplificateur de signal cellulaire que mon fils viendra installer après son travail.

Toujours à la course, je quitte le centre commercial. Le trajet jusqu’au pont est sans encombres. La lenteur exigée du trafic embourbe déjà le pavage. À mon tour, je m’engage. À la bretelle de sortie, je suis de plus en plus confiante. J’ai traversé sans accrocher les miroirs aux parapets ni d’un côté ni de l’autre. Enfin, à une vitesse juste au-dessus de celle exigée par la loi, j’arrive chez moi.

Ouf! 

Beeen… on appelle ça une journée SPORT EXTRÊME de Tamalou.

Pour James Bond, c’est une autre affaire!

 

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Un couple que j’ai remarqué au déjeuner dans la salle à manger se retrouve dans l’ascenseur en même temps que moi. Nous nous saluons du menton et gardons le silence. Du coin de l’œil, tout en restant de marbre, je vois la dame qui me détaille de la tête aux pieds et des pieds à la jupe ( qu’en passant, j’étrenne).

Elle me dit tout d’un souffle, en anglais :

- You are a pretty woman!

Heureuse pour un court moment autant qu’étonnée, je me sens comme Julia Roberts espérant voir apparaître le beau Richard Gere.

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Mais, ce n’est qu’illusion. Je me dis que la dame s’est fourvoyée. Comme son regard s’est arrêté à ma jupe lorsqu’elle m’a complimentée, c’est qu’elle voulait dire que j’avais fait le bon choix pour enjoliver le bas de mon corps.

Je ne puis que riposter :

- You too (mauves anglais), are a very pretty woman.

Ses yeux lance des étincelles de contentement. Je continue mon discours pour justifier le compliment qu’elle m’a fait:

_ On vacation, its easy to be pretty, we are always smiling and relaxing…

Son mari, qui semble ne pas avoir perdu un mot de cette conversation, boïteuse de ma part, s’en mêle :

- It’s true, your are right, madam.

Et il enveloppe sa femme d’un regard profondément amoureux.

Mon cœur se serre et les larmes que je retiens, montent malgré tout. J’ai déjà reçu ce cadeau qui donne des ailes.

Cependant, ce souvenir n’est pas pénible, il n’est que réconfortant. J’ai été chanceuse d’avoir eu un mari qui ne ménageait pas les compliments.

Merci, te l’ai-je assez dit, Jean-Paul?

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Notre mariage est une danse

Notre mariage est une danse

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Mon coup de cœur de la journée.
Samedi, jour 11, après les avaries de la matinée, sur la 11 S, je vois des pancartes sur lesquelles on annonce le Village de la Sagouine.

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Ayant manqué Caraquet à cause de la pluie, je prends l’embranchement et je suis la direction indiquée. Au guichet, j’apprends que pour 23.00 on peut passer la journée sur le site. On a droit à la visite de l’île, des spectacles etc. Je ne puis rester longtemps, je suis trop pressée, donc, gratuitement, il est permis de visiter les alentours.
En sortant du pavillon par l’arrière, j’voyons un’ chêse antiqu’ qu’y avions bercé toutte lé marmots d’un’ générâtion. À l’étions gârnie par un mâle ban en santé; y turlutions pis y cognions du talon su les planch’ du trottoèr’ de boâ bûché par son aïeul’. Quand y m’avions aparçue, y avions levé les pleumât vers les nuag’, y s’étions levé deboutte, pis y s’étions prosterné vers moé en sout’nant :
- Marci mon Dieu, j’ t’avions prié d’ m’envôyer un’ bell’ tit’ femm’ pis tu m’avions exâucé. C’est pas pour rien que le houlôn étions trop vlimeux à matin pis que j’avions pas été péché!
J’ le prendrions pas au sérieux, moâ qui ressemblions à un chât mouillé pâs né d’ la darnièr’ ondée. J’décidions d’ rentrer dans l’ jeu. En riant, j’répondions aussi vite qu’un’ mouett’ qui sautions su un pôasson :
- C’est pas pour rien, qu’ j’avions arrêtée icitte. C’est qu’un gouéland ban fringuant m’attendions. Moé itou, j’ me cherchions un p’tit mari, pis un pécheur, c’étions encor’ mieux pour répondr’ à mon âmour d’ la p’tit’ bêt’ qui nâg’. J’ pouvions-tu peser su l’piton du kodak pour marquer not’ abouch’ment?
- Ban sûr! Pis tu pouvions t’asseôir’ su mes g’noux, astheure qu’on s’ connât en mass’. Viens, viens su mes g’noux encor’ ban fôrts, assez pour toâ. Viens, viens, sôas pas emplâtrée, qu’y avions dit.
Pis là, y s’assôyions pis y frappions su ses cuiss’ avec ses battôir’ comme des ram’, pour me l’ montrer.
Je r’gardions autour pis y avions parsonn’, eh ban, j’ l’avions fette! J’veux pas dir’ aut’ chos’ que de m’ mettr’ su ses genoux  sans un’ pensée pas catholiqu’ ban arrêtée derrière’ la têt’, là, là.
Ban installé, lui pis moé avions sorti nos grand’ dents du moulin à parol’ en l’air, pis… j’avions pesé su l’piton du kodak!

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Cré bonhomm’! Lui, y étions pas un grând fânal avec un cœur de pierr’ comm’ l’autr’ que j’avions vu dans mèèr’ la s’men darnièr’,

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non, lui, y étions un vrai tripeux avec un cœur comme du bon pân ban gonflé qui sortirions tout just’ du fourneau ban chaud.
C’est pas touttte! Pour m’ prouver qu’étions un vrai pécheur, y avions voulu que j’immortalis’ sa gâpett’.

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Eh ban, j’avions encor’ pesé su l’ piton du kodak. Pis, pour finir, y avions fallu que j’y promett’ que j’allions r’venir dans s’men’ des quat’ jeudis.
Des mâl’ comm’ ça, j’avions pas l’occâsion d’en zieuter toué jours. C’est ban sûr, que j’allions r’venir dans s’men’ des quat’ jeudis!

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